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Koronavirus 2021

Dernière mise à jour : mai 27

Quoi de neuf sur le front du koronavirus en Finlande depuis mon dernier post?


Selon les derniers sondages auprès de la communauté française, nous sommes tous heureux d’être ici plutôt qu’en France : les écoles sont restées ouvertes, pas de couvre-feu ni de limitation dans les déplacements. Les masques ont fait leur apparition seulement quelques jours avant Noël, en intérieur uniquement. Nous suivons avec attention les différentes statistiques et taux dans l’espoir de pouvoir passer un été tranquille en France sans devoir se farcir une quarantaine au retour et lâcher 800€ dans des tests.

Les infos sont désormais si précises que ça en devient anxiogène : la ville de Rauma annonce quotidiennement les cas de contamination sur son compte Facebook : « un type a déjeuné à 11h (oui on déjeune tôt ici) au kebab « chez Deniss », il a le covid, faites gaffe ». On suit fébrilement ces annonces en espérant que ça ne tombe jamais sur le resto ou on a déjeuné l’avant-veille, ou sur la crèche de nos enfants.

Les contaminations se sont poursuivies comme ça, au compte-goutte, jusqu’à cette glaciale journée de février : « 200 contaminations sur le chantier naval de Rauma » titraient les journaux nationaux. Nous avons atteint 318 cas en deux semaines (sur 752 au à ce jour pour toute la ville depuis le début de l'épidémie). Taux d’incidence à 800, pire que dans le métro parisien aux heures de pointe. L’ensemble du personnel du chantier a été testé, mis en quarantaine, fliqué et retesté. Des commentaires nauséabonds ont

abreuvé Facebook : « c’est la faute des étrangers, ils ne mettent pas le masque, ne respectent pas la distanciation, rentrez chez vous ! » Mon sang n’a fait qu’un tour : ce ne sont pas (toujours) les étrangers que je croise au Lidl sans masque, ou qui ne lavent pas les mains de leurs enfants en arrivant à l’école. J’ai appris ensuite que 80% des ouvriers du chantier naval n’étaient pas Finlandais…Mais dans quelles conditions les fait-on travailler, les loge-t-on ? Comme ils sont souvent employés par des sous-traitants de sous-traitants de sous-traitants, je ne sais pas si les responsables ont pu être inquiétés.

Vous l'imaginez bien, l’ambiance était assez tendue cet hiver. Les crèches avaient pour consigne de ne pas accepter les enfants qui avaient le nez qui coulait, même un peu. Ce sont les journées « enfant malade » qui ont coulé à flot.

Au pire de la crise, les bars et restos ont été fermés 6 semaines. Il a même été question à un moment d’isoler la région d’Helsinki, mais la loi n’a finalement pas été votée pour cause… de weekend de Pâques !

Le bon côté, c’est que les parents ne sont plus autorisés à participer aux activités extra-scolaires de leurs enfants. Papa n’a plus à se casser le dos au cours de patins à glace, maman n’a plus besoin de se boucher les oreilles à la musique, et les enfants ont gagné une autonomie de dingue en très peu de temps.

Le doux mois d’avril est arrivé, avec enfin des températures positives et surtout la réouverture des bars. Ils restent cependant soumis à des restrictions d’horaires (fermeture à 23h, arrêt de la vente de boisson une heure avant), contre-productives à mon sens. Les clients achètent 4 verres en même temps pour être sûrs de ne pas se retrouver à sec avant la fin du service. On se croirait dans un pub anglais à l’heure de sortie de bureau : de la viande saoule un peu partout, 3 débuts de bagarres et un barman qui étreint un de mes potes (« my best customer ! »), le tout sans masque évidemment.


Mais le Covid-19, c’est derrière nous maintenant, heureusement. Il a été éradiqué de Rauma le 11 mai dernier précisément. Pas par le vaccin non, par le Lukko.

La très poétique, néanmoins prophétique collection 2020 des goodies du Lukko

Le Lukko, c’est l’équipe de hockey sur glace de Rauma qui vient de gagner le championnat de Finlande. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est comme si une ville de taille moyenne comme Tours gagnait la Ligue 1 en foot. Foule en liesse devant les écrans géants, fanfare, concert de klaxons jusqu’à 23 heures au moins, drapeau et maillot sur chaque habitant de la ville. Je n’avais jamais une foule aussi dense depuis mon arrivée à Rauma. N’allez pas vous imaginer une ambiance comme en France un soir de victoire de l’Algérie en 1/8e de finale non plus, mais on s’en approchait un peu. Aucun masque à l’horizon, aucun flic non plus (les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits).

Les épidémiologistes locaux diront dans le journal du lendemain (avec encore un peu de maquillage jaune et bleu sur les joues) qu’il s’agit d’un test pour voir comment se comporte le virus dans une foule en extérieure. Réponse dans 5 jours à la fin de la période d’incubation.


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