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Le finnois sans peine

C’est un grand moment d’émotion. En allant chercher ma fille à la crèche l’autre jour, elle a prononcé son premier mot. « Äiti, Äiti !! » a-t-elle crié en tendant les bras vers moi. Oui, avec le tréma et tout. Ça veut dire maman, évidemment. On ne sait pas pour combien de temps on va rester en Finlande, mais si je ne veux pas perdre toute communication avec mes filles, il va falloir que je me mette au finnois. La grande parle déjà finnçais (ou frannois) depuis un certain temps. Elle me gratifie régulièrement d’expressions très agréables comme « mene pois » (« casse toi vieille peau »). Il est urgent que je puisse réagir avant qu’elles ne complotent dans mon dos.

De l'importance du tréma

J’ai donc déboursé 10€ pour m’inscrire au cours de finnois organisé par la ville. Tous les mercredis soirs, je retourne sur les bancs du lycée avec une vingtaine d’Indiens, Chinois, Allemands et surtout Français. La prof semble très étonnée de nous voir si motivés, revenir toutes les semaines. Elle n’a pas l’air de piger pourquoi on veut apprendre le finnois. Elle dit souvent que telle ou telle notion est beaucoup trop compliquée pour nous et qu’on l’étudiera au bout de 4 ans de cours, si on n’abandonne pas d’ici là tellement sa langue est horriblement compliquée. Ok, ce n’est pas elle qui va nous transmettre la passion pour le finnois.


C’est vrai que c’est compliqué, mais pas plus qu’une autre langue j’imagine. Il n’y a (à ma très maigre connaissance), pas d’articles, pas de genres, pas beaucoup de formules de politesse tordue comme en français. Par exemple, pour demander un café, on dit « café merci. ». La grammaire est un peu différente puisque tous les mots se conjuguent, et pour faire une phrase négative, c’est l’équivalent de «ne..pas » qui se conjugue et non le verbe. Ah oui, il y a 15 déclinaisons aussi, mais on verra ça au bout de 10 ans de cours, enfin je crois.

Votre première leçon est offerte par Very Finnish Problems

Pour pratiquer un peu pendant le reste de la semaine, j’ai téléchargé l’appli Duolingo, ou comment avoir le sentiment de procrastiner utile. Je crois malgré tout que j’y apprends davantage que pendant les cours. On doit deviner la traduction de petites phrases dans un interface très ludique, avec des petits bonhommes qui sautent de joie si on répond correctement. Plus on pratique, plus on obtient des points et on avance dans des ligues. Je suis super fière d’être en ligue Saphir. J’ai par exemple appris à dire : « le poulet jaune est studieux » ou « les grands-mères nettoient la maison bizarre ». Indispensable.

Je voudrais juste commander mon café et comprendre le debrief de la dame de la crèche quand je vais chercher ma fille, ce serait déjà formidable.

J’ai déjà un peu progressé depuis notre arrivée, notamment grâce au serveur d’un café que je fréquente de temps en temps (le café, pas le serveur), qui prend la peine de me répondre en finnois, quitte à doubler sa phrase en anglais quelques instants après. J’apprécie sa patience. Quant à la dame de la crèche, j’arrive à peu près à saisir le sens de ce qu’elle me dit, tant le contexte est connu.


Surtout, j’arrive à avoir des conversations passionnantes à table avec ma fille de 4 ans, dans un mélange de français, finnois et d’espagnol. (« Comment ça va ? » « Tu t’appelles comment ? » Voila, c’est à peu près tout). D’ici 4 ans (ou 10 ans?), on pourra comploter mes filles et moi contre leur père qui refuse de s’y mettre MUHÄHÄHÄHÄ ! (rire diabolique nordique).

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