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Conduire en Finlande

J’ai le permis de conduire depuis 14 ans. Il vit bien au chaud dans un tiroir. Il est comme neuf, même pas corné sur les coins. Je ne m’en suis jamais servi.

Comme un certain nombre de mes congénères parisien(ne)s, nous passons le permis pour nous prouver que nous en avons les capacités, puis, comme nous n’avons pas de voiture – une ineptie à Paris- et un traumatisme lié aux pubs de la Sécurité routière, nous l’oublions dans la commode.

La seule photo d'embouteillage que j'ai réussi à prendre à Rauma, c'est à la caisse du Prisma

Des copines ex-parisiennes traumatisées elles aussi me donnent le contact du moniteur d’auto-école le plus zen et bilingue qu’il soit, et, quelques heures et quarts de Lexomil plus tard, me voici au volant d’une BMW à double commandes dans les rues de Rauma. La phrase que le moniteur m’a dit le plus souvent ? « Relax ! Sois un peu moins française dans ta conduite ! ». C’est vrai que ma longue expérience de piéton m’a fait remarquer que ce ne sont pas des excités de volant ici. Les Suisses à côté, ce sont des Parisiens place de l’Etoile à l’heure de pointe. Les gens s’arrêtent au passage piéton tandis que je suis encore à 10 mètres de là, accompagnée de ma fille en trottinette qui semble encore moins pressée qu’eux. Ils attendent patiemment, sans rechigner, que la demoiselle se décide. Au début, je me confondais en excuses, en kiitos et sourires gênés. Eux ne réagissent pas. Le code de la route dit que les piétons ont la priorité et qu’il faut toujours s’arrêter, donc les remerciements sont inutiles. Ils sont comme ça les Finlandais. J’ai pris l’habitude d’arrêter de dire merci tout le temps. Ça m’a valu un bon : « et un merci ça t’arracherait la gueule ?! » lorsque que je suis rentrée en France cet été et qu’une voiture, la cinquantième de la file, a bien eu la gentillesse de nous laisser passer.


Je me suis vraiment lancée dans la conduite lors d’un weekend aux Iles Åland, un archipel autonome en mer Baltique, 19 habitants au km², de quoi faire passer Rauma pour une mégalopole asiatique. Aisselles humides et ampoules aux mains, j’ai petit à petit réussi à dompter ma monture à 4 roues.

Maintenant, je prends le volant régulièrement. J’appréhende toujours un peu évidement, mais ma principale difficulté, c’est de respecter les limitations. On roule très lentement ici : 60 ou 80km/h, 40 max en ville et parfois 100 sur certains tronçons de voie rapide. Les nombreux radars obligent les gens à respecter les limitations. L’amende pour excès de vitesse au-delà de 20km/h est calculée en fonction de vos revenus. Le record à battre ? Le directeur de Nokia a dû débourser la somme de 116 000€ en 2002 pour un excès de vitesse de 25km/h. J’ai un pote ici qui s’est pris une prune de 1000€, ça pique.


Ma trouille du moment, ce sont les élans en plein brame, bourrés à cause des myrtilles de la forêt trop mûres qui traversent la route n’importe comment et sans dire kiitos en plus. Bon des élans, en vrai, j’en ai vaguement vu une fois de loin en 2 ans et demi, mais il y a eu 2000 collisions l’an passé dans tout le pays, quand même. Ma trouille à venir, d’ici 15 jours diront les mauvaises langues, c’est la conduite sur glace et neige, dans le noir. J’ai eu le loisir de m’entrainer l’hiver dernier, on verra si mon permis retournera dans son tiroir ou restera dans mon portefeuille.




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